Aperçu vidéo YouTube
Lire la vidéo

Épisode 2 : Câblage RJ45 professionnel

Du perçage des murs au patch panel : comment transformer une maison en infrastructure réseau câblée

TL;DR : Après le diagnostic de l'épisode 1, place à l'action. Dans cet épisode, je vous montre comment j'ai câblé toute ma maison en RJ45 sur 3 niveaux : perçage entre étages (y compris à travers un mur en brique), installation de plinthes avec goulottes, passage et organisation des câbles, et sertissage d'un patch panel Unifi. Du chaos WiFi au gigabit partout, sans câble visible.

Le plan d'action : câbler 3 niveaux sans tout casser

Dans l'épisode précédent, j'ai posé le diagnostic. Maintenant, il est temps de passer aux travaux. L'objectif ? Amener du câble Ethernet Cat6 dans toutes les zones stratégiques de ma maison : bureau au niveau 0, mezzanine au niveau 1, et faire remonter tout ça dans les combles pour redescendre vers la buanderie où se trouve désormais ma baie réseau.

Le défi principal ? Ma maison n'a jamais été pensée pour un réseau câblé moderne. Pas de gaines prévues, des murs en brique entre certains étages, et surtout : je veux que ça reste invisible. Personne n'a envie de voir des câbles blancs courir le long des murs dans son salon.

La solution que j'ai retenue combine plusieurs techniques :

  • Passage par les plinthes au rez-de-chaussée
  • Perçage entre les niveaux aux endroits stratégiques
  • Utilisation des combles comme chemin principal
  • Redescente propre vers la baie réseau

Étape 1 : Créer les passages entre niveaux

Le perçage, ou l'art de faire des trous au bon endroit

La première étape, et probablement la plus stressante, consiste à créer les passages entre les différents niveaux. C'est le genre de tâche où il vaut mieux mesurer trois fois et percer une seule fois.

Entre le niveau 0 et la mezzanine, c'est relativement simple. Un plancher standard, un bon repérage avec un mètre et niveau laser, et hop. Quelques minutes de perçage et le passage est créé.

Entre la mezzanine et les combles, en revanche, c'est une autre histoire. Je me retrouve face à un beau mur en brique. Mèche béton, perceuse en mode percussion, et surtout : beaucoup de patience. Ce genre de perçage prend du temps, génère beaucoup de poussière, et nécessite plusieurs pauses pour éviter de surchauffer la perceuse.

Le dernier perçage, des combles vers la buanderie, m'a demandé un peu d'acrobatie. J'ai dû monter sur le toit, enlever quelques tuiles pour guider les câbles correctement. Ce n'est pas la partie la plus confortable du projet, et je n'ai pas pu filmer cette section – difficile de tenir une caméra quand on a besoin de ses deux mains pour ne pas glisser !

Étape 2 : Installation des plinthes avec goulottes

Préparer le terrain avant de passer les câbles

Une fois les passages entre niveaux créés, il faut s'occuper de l'installation horizontale. Et ici, j'ai fait le choix d'installer des plinthes avec goulotte intégrée. Pourquoi ? Parce que ça permet de faire passer à la fois l'électrique existant et les nouveaux câbles réseau, tout en gardant un rendu esthétique.

Le processus est assez méthodique :

  1. Retirer les anciennes plinthes
  2. Mesurer et découper les nouvelles plinthes à la scie à onglet
  3. Faire passer d'abord les câbles électriques existants
  4. Installer les blocs de prises électriques
  5. Laisser la goulotte prête pour les câbles réseau

Astuce importante : Prenez vraiment le temps de bien mesurer et couper vos plinthes avant de les poser. Les angles doivent être précis, sinon ça se voit immédiatement et c'est frustrant. Une scie à onglet fait toute la différence pour obtenir des coupes nettes à 45 degrés.

Une fois l'électrique en place, les goulottes sont prêtes à accueillir les câbles réseau. Cette séparation des travaux (électrique d'abord, réseau ensuite) évite de devoir manipuler les deux en même temps et réduit les risques d'erreur.

Étape 3 : Préparation et organisation des câbles

L'organisation, clé de la réussite

C'est probablement le conseil le plus important que je puisse vous donner : l'organisation des câbles avant le passage est absolument cruciale. J'ai appris ça à mes dépens sur d'autres projets, et cette fois je ne voulais prendre aucun risque.

Voici ma méthodologie :

Déroulage et mesure : Je déroule tous mes câbles Cat6 dans le jardin, aux longueurs nécessaires. J'ajoute systématiquement 10 à 15% de longueur supplémentaire. Pourquoi ? Parce qu'on sous-estime toujours les détours, les marges de manœuvre pour le sertissage, et les imprévus.

Mise en parallèle : J'utilise un peigne à câbles pour maintenir tous les câbles bien parallèles entre eux. Ça facilite énormément le passage groupé et évite les nœuds.

Attache : Je fixe l'ensemble avec du velcro, jamais de colliers plastiques. Le velcro est réutilisable, ajustable, et surtout moins rigide. Les colliers plastiques ont tendance à pincer les câbles et peuvent causer des problèmes de connectivité sur le long terme.

Étiquetage méticuleux : C'est LE point critique. J'étiquette chaque câble des deux côtés AVANT de les passer. Par exemple : "Bureau-N0", "Bureau-Mezz", "Salon-TV", etc. Cette étape vous fera gagner des heures au moment du sertissage dans la baie réseau. Croyez-moi sur parole : chercher quel câble va où quand vous en avez 15 qui arrivent dans les combles, c'est l'enfer.

Étape 4 : Passage des câbles

La logistique du tirage

Le passage des câbles suit une stratégie simple : on commence par les trajets les plus longs.

Pour le bureau du niveau 0, les câbles doivent faire tout le trajet : partir du bureau, monter dans la mezzanine, continuer jusqu'aux combles, traverser toute la longueur du toit, puis redescendre vers la buanderie. C'est le parcours le plus complexe.

Astuce de tirage : J'utilise les premiers câbles passés comme guide pour les suivants. On attache le nouveau câble au précédent avec du velcro ou du ruban adhésif, et on tire. Ça évite d'avoir à refaire tout le parcours avec un tire-fil à chaque fois.

Une fois dans les combles, c'est relativement simple. Les câbles courent le long des poutres jusqu'à la descente vers la buanderie. J'ai pris soin de les fixer avec des clips tous les 50 centimètres environ pour éviter qu'ils ne pendent ou ne se prennent dans quelque chose.

Pour la partie visible dans les pièces, les câbles réseau passent dans les goulottes des plinthes, à côté de l'électrique qu'on a installé précédemment. Tout reste propre et invisible.

Étape 5 : Sertissage des keystones côté utilisateur

Les prises murales dans les pièces

Dans les bureaux et autres espaces d'utilisation, j'ai installé des prises murales avec keystones RJ45. C'est beaucoup plus propre et professionnel que de laisser sortir directement le câble du mur.

Le processus de sertissage des keystones est assez simple une fois qu'on a compris le principe :

  1. Dénuder le câble sur environ 3-4 centimètres
  2. Séparer les paires torsadées
  3. Insérer chaque fil dans son logement selon le code couleur (T568B dans mon cas)
  4. Rabattre le capot du keystone qui va "percer" l'isolation de chaque fil pour faire le contact
  5. Couper l'excédent de câble

Important : Soyez cohérent dans votre choix de norme (T568A ou T568B). Personnellement j'utilise T568B partout, mais l'essentiel est d'être uniforme sur toute l'installation.

Une fois les keystones sertis, ils s'insèrent simplement dans les prises murales, et on referme les plinthes. Le résultat est vraiment satisfaisant : des prises réseau qui ressemblent à des prises électriques, intégrées proprement dans le mur.

Étape 6 : Le patch panel dans la baie réseau

Centraliser et organiser

La dernière étape, et probablement la plus satisfaisante visuellement, c'est le raccordement au patch panel dans la baie réseau de la buanderie.

J'ai opté pour un patch panel Unifi 24 ports modulaire. L'avantage de ce modèle, c'est qu'on peut assembler nos propres keystones dedans, plutôt que d'avoir un panneau pré-câblé.

Le processus :

  1. Tous les câbles arrivent dans la baie par le haut
  2. Je les coupe à la bonne longueur (environ 30 centimètres de mou pour pouvoir manipuler facilement)
  3. Je sertis un keystone sur chaque câble, exactement comme pour les prises murales
  4. Chaque keystone se clipse ensuite dans le patch panel

Avantage majeur : Si un keystone est mal serti ou défectueux, je peux le remplacer individuellement sans toucher aux autres. Avec un patch panel pré-câblé, il faudrait changer tout le panneau.

L'étiquetage prend ici tout son sens. Grâce aux étiquettes posées au début, je sais exactement quel câble correspond à quelle prise dans quelle pièce. Je peux organiser logiquement mes ports : tous les câbles du bureau ensemble, ceux du salon ensemble, etc.

Le résultat : du chaos au professionnalisme

Avant/après

Le contraste est saisissant. Avant : un mélange de WiFi aléatoire, de câbles qui traînent, de switchs posés n'importe où. Après : une installation qui ressemble à ce qu'on verrait dans un bureau professionnel.

Les bénéfices concrets :

  • Gigabit partout, sans négociation
  • Latence stable et prévisible (adieu les fluctuations WiFi)
  • Zéro câble visible dans les pièces de vie
  • Évolutivité totale (j'ai encore des ports libres pour de futurs besoins)
  • Diagnostics simplifiés (si un câble pose problème, je sais exactement lequel)

Les tests de connectivité montrent du gigabit complet sur tous les liens. Pas de perte de paquets, pas de renégociation de vitesse. Exactement ce qu'on attend d'une installation professionnelle.

Les leçons apprises

Ce que je referais

L'étiquetage systématique : Ça paraît lourd au début, mais c'est un gain de temps phénoménal ensuite.

La préparation minutieuse : Mesurer, re-mesurer, prévoir de la marge. Mieux vaut avoir 50 centimètres de câble en trop qu'en manquer de 10.

Le choix des plinthes avec goulotte : Intégrer réseau et électrique de façon invisible, c'est vraiment le top.

Ce que je changerais

Tester les keystones au fur et à mesure : J'ai attendu d'avoir tout fini pour tester. Résultat : j'ai dû refaire 2 keystones qui avaient des faux contacts. Mieux vaut tester après chaque sertissage.

Documenter plus : J'ai pris des photos, mais j'aurais dû faire un schéma précis du cheminement des câbles dans les combles. Ça facilitera les futures interventions.

Conseils pour vous lancer

Les pièges à éviter

Ne pas sous-estimer la préparation : 50% du succès se joue dans la phase de mesure, repérage et étiquetage. Ce n'est pas sexy, mais c'est crucial.

Ne pas négliger le code couleur : Choisissez T568A ou T568B et tenez-vous-y partout. Mélanger les deux, c'est le meilleur moyen de se retrouver avec des câbles qui ne fonctionnent pas.

Ne pas oublier les tests progressifs : Testez chaque câble après l'avoir serti. Un testeur de câble RJ45 coûte 15-20€ et vous évitera des heures de débogage.

Le matériel indispensable

À venir : épisode 3

Le prochain épisode nous montrera le montage complet de la baie réseau : installation de l'UDM Pro, du switch, configuration des VLANs, mise en place de l'onduleur. On verra comment transformer cette base câblée en infrastructure réseau opérationnelle.

L'infrastructure physique est en place, il est temps de lui donner vie !

Retrouvez l'épisode 2 en vidéo sur ma chaîne YouTube pour voir toutes ces étapes en détail avec les images du chantier.

Lien vers l'épisode précédent :